Un cobot, ou robot collaboratif, est un robot conçu pour travailler dans le même espace que les opérateurs, sans barrière de protection physique. Des capteurs ralentissent ou arrêtent son mouvement en cas de risque de contact. Il prend en charge des tâches répétitives ou pénibles, comme la palettisation, le vissage ou le soudage, à côté des équipes.
Cobot et robot industriel : quelle différence ?
- Le robot industriel classique travaille dans une cellule fermée, séparée des opérateurs par des barrières. Il reste plus adapté aux très hautes cadences.
- Le cobot partage l'espace de l'opérateur. Il est en général plus petit, se programme souvent depuis une tablette ou en guidant le bras à la main, et se déplace d'un poste à l'autre quand la production change.
Pour l'INRS, c'est l'application qui est collaborative ou non, pas le robot : un cobot équipé d'un outil coupant, ou qui manipule une pièce lourde, peut demander des protections comme un robot classique.
Les quatre modes de collaboration
Les normes NF EN ISO 10218-1 et -2 décrivent quatre principes, que l'on peut combiner :
- L'arrêt nominal de sécurité contrôlé : le robot s'arrête quand l'opérateur entre dans sa zone, puis reprend quand il en sort.
- Le guidage manuel : l'opérateur déplace le bras à la main.
- Le contrôle de la vitesse et de la distance de séparation : le robot ralentit à mesure que l'opérateur s'approche.
- La limitation de la puissance et de la force : le robot est conçu pour qu'un contact reste sous des seuils fixés.
Sécurité et réglementation
- La norme ISO 10218 (partie 1 pour le robot, partie 2 pour son application et son intégration) a été révisée en 2025 et remplace l'édition de 2011. Elle rend les exigences de sûreté fonctionnelle plus explicites, intègre les exigences des applications collaboratives jusque-là détaillées dans la spécification technique ISO/TS 15066, et ajoute des exigences de cybersécurité.
- L'ISO/TS 15066 donne des valeurs de force et de pression pour les contacts possibles entre le robot et l'opérateur.
- Le règlement européen 2023/1230 sur les machines s'applique à partir du 20/01/2027 et remplace la directive machines 2006/42/CE.
- Les responsabilités : le fabricant du robot livre une quasi-machine ; l'intégrateur déclare la conformité de la machine finale ; un utilisateur qui conçoit lui-même son application en devient le fabricant, avec le marquage CE et le dossier technique.
L'INRS recommande une évaluation des risques dès le projet, confirmée en situation réelle : écrasement, choc, brûlures, mais aussi troubles musculosquelettiques et risques psychosociaux, avec une formation des opérateurs.
À quoi servent les cobots en usine
- La palettisation en fin de ligne, un poste encore souvent manuel et pénible.
- L'assemblage et le vissage.
- Le soudage.
- Le contrôle qualité, souvent avec une caméra : notre guide de la vision industrielle détaille cette partie.
Un cobot peut aussi être monté sur un robot mobile : notre guide des robots AMR et AGV présente ces robots.
Le marché
Selon la Fédération internationale de la robotique (IFR), 66 000 cobots ont été installés dans le monde en 2025, soit 11 % des installations de robots industriels. Pour la première fois, ce segment a progressé moins vite (7 %) que l'ensemble des robots industriels.
Ce qu'en disent les industriels à Tech for Industry Show
À Tech for Industry Show 2026, à Paris Expo Porte de Versailles, Renault a expliqué que les cobots, arrivés dans ses usines il y a une dizaine d'années, n'y ont pas provoqué de transformation massive. Le groupe, qui compte plus de 11 000 robots industriels, mise désormais sur des robots humanoïdes conçus avec Wandercraft, testés en production à Douai pour la manutention des pneus. Lire l'article
La conférence est à revoir en replay : Du digital twin des usines à l'intégration des robots humanoïdes.
D'autres exemples en France
- Champagne Gosset, à Épernay, a installé un palettiseur collaboratif avec un bras Universal Robots de 20 kg de charge. Les opérateurs soulevaient jusque-là des cartons de 11,5 kg à la main ; ils ont été redéployés sur le contrôle qualité, la traçabilité et la finition. Le manque de hauteur sous plafond a orienté ce choix, car un cobot n'a pas besoin de cage (L'Usine Nouvelle, 05/10/2026).
- Inventec et Stego, filiales françaises de groupes allemands, ont annoncé au printemps 2026 leur projet de cobot : la palettisation en fin de chaîne pour Inventec, l'assemblage et la soudure pour Stego, qui met en avant la possibilité de le reprogrammer quand la production change (L'Usine Nouvelle, 31/03/2026).
Combien coûte un cobot ?
La plupart des fabricants donnent leurs prix sur devis ou par leurs distributeurs. Le prix dépend de la charge utile, de la portée, de l'outil monté au bout du bras (pince, ventouse, visseuse) et de l'intégration. Un exemple publié, lu le 04/11/2026 : UFactory affiche ses bras xArm, de 3 à 5 kg de charge, à partir de 5 299 dollars. Ce n'est pas le prix d'une cellule complète de palettisation ou de soudage, qui comprend l'outil, la sécurité et la mise en service.
Comment mener un projet de cobot
1. Choisir le poste : une tâche répétitive, pénible ou source de troubles musculosquelettiques, avec des pièces et des cadences stables.
2. Vérifier la faisabilité : charge, portée, cadence, précision, place disponible.
3. Évaluer les risques de l'application entière, y compris l'outil et la pièce, au regard de l'ISO 10218 et du règlement machines.
4. Choisir le fabricant et l'intégrateur, et savoir qui déclare la conformité.
5. Associer et former les opérateurs dès le début.
6. Commencer par un poste, mesurer, puis étendre.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un cobot ?
Un robot collaboratif, conçu pour travailler à côté des opérateurs sans barrière physique, avec des capteurs qui limitent ou arrêtent son mouvement en cas de contact.
Quelle différence entre un cobot et un robot industriel ?
Le robot industriel travaille dans une cellule fermée, à haute cadence ; le cobot partage l'espace de l'opérateur, au prix d'une vitesse et d'une force limitées.
Quel est le prix d'un cobot ?
Le plus souvent sur devis ; des bras d'entrée de gamme sont affichés à partir de quelques milliers de dollars, hors outil, sécurité et intégration.
Quelle norme s'applique aux cobots ?
L'ISO 10218 (révisée en 2025), l'ISO/TS 15066 pour les valeurs de contact, et le règlement européen 2023/1230 sur les machines à partir du 20/01/2027.
Un cobot est-il sans danger ?
Non par principe : c'est l'application entière qui doit être sûre, ce qui passe par une évaluation des risques.
